Die-in dans les Laurentides – Le communautaire interpelle la CAQ

Die-in dans les Laurentides

Le communautaire hausse le ton : une table de négociation nationale exigée

Saint-Jérôme, le 27 mars 2026 — Plus d’une centaine de personnes issues d’organismes communautaires des Laurentides ont mené une action coup de poing ce matin en se rassemblant devant les bureaux de trois ministres de la région.

Dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte, les manifestantes et manifestants ont organisé un die-in pour dénoncer l’essoufflement du réseau communautaire et les conséquences du sous-financement chronique.

Les bureaux visés sont ceux de ministres ayant une influence directe sur les décisions gouvernementales :
● Éric Girard, ministre des Finances, député de Groulx
● Sonia Bélanger, ministre responsable de la Santé et des Services sociaux et de la région des Laurentides, députée de Prévost
● France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, députée de Bertrand

Le communautaire passe à l’offensive : une réponse nationale s’impose

Au-delà de cette mobilisation, les organismes lancent un message clair : ils ne multiplieront plus les démarches individuelles.

Ils exigent la mise en place d’une table de négociation nationale réunissant les ministères concernés, le mouvement Le communautaire à boutte et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), afin d’assurer un financement adéquat, prévisible et durable à la mission.

« On ne peut plus fonctionner à coups de mesures ponctuelles. Ce qu’il faut, c’est une solution structurée, prévisible et durable. Le communautaire tient le filet social et il doit être financé comme tel. » — Benoit Larocque, coordonnateur du ROCL

Une crise aux conséquences humaines

La situation dépasse largement les enjeux organisationnels : elle touche directement des vies.

La violence conjugale demeure une tragédie persistante au Québec, alors que les féminicides s’accumulent, laissant derrière eux des familles brisées, des enfants orphelins et des proches endeuillés.

D’autres clientèles vulnérables subissent également les conséquences du sous-financement : des aînés isolés, des personnes en situation de handicap et des familles en situation de précarité.

Ce sont souvent des personnes qui s’expriment peu dans l’espace public et qui subissent en silence, déjà en mode survie.

« Faire beaucoup avec peu dans le communautaire, ce n’est pas une force, c’est un symptôme. Derrière le sous-financement, ce sont des vies bien réelles qui basculent : des femmes, des familles, des personnes vulnérables qui n’ont plus accès au soutien dont elles ont besoin. On ne parle pas de chiffres, on parle de sécurité, de dignité et de survie. Il est temps que ça change. » — Isabelle Thibault, coordonnatrice du Réseau des femmes des Laurentides

Une pression accrue sur le terrain

Dans les Laurentides, la pression est particulièrement forte.

Hausse de l’itinérance, augmentation des demandes en aide alimentaire, explosion des besoins en soutien psychosocial : les organismes sont à bout de souffle.

Faute de financement adéquat, des services sont coupés, des demandes sont refusées et des équipes s’épuisent.

Les organismes entendent maintenir la pression dans les prochains jours.

Une mobilisation provinciale est notamment prévue devant l’Assemblée nationale à Québec le jeudi 2 avril, où plus de 5 000 personnes sont attendues.

Le message est clair : le communautaire ne reculera pas.