Le communautaire congédie la ministre Chantal Rouleau

30 mars 2026 — Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) et le mouvement Le communautaire à boutte annoncent, aujourd’hui, qu’ils retirent toute leur confiance envers la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, madame Chantal Rouleau et demandent au premier ministre de nommer un nouvel interlocuteur dès maintenant.

Déconnexion et mépris

Vendredi dernier, des représentant·es du mouvement ont assisté à un exercice d’interpellation à l’Assemblée nationale. Pendant près de deux heures, la ministre Rouleau s’est contentée de défendre son bilan, plutôt que de discuter de la réelle détresse qui se vit actuellement sur le
terrain. Madame Rouleau était accompagnée de ses deux collègues, députées d’Argenteuil et d’Abitibi-Ouest, qui nous ont répété à quel point leur gouvernement est à l’écoute et généreux, que nous ne vivons pas de sous-financement et que nous devons être plus efficients.

Madame Rouleau ne mesure pas la gravité de la situation. Alors que les témoignages poignants des travailleuses et travailleurs se multiplient, elle nous parle d’un plan d’action gouvernemental imminent qu’elle n’a même pas amorcé et qui pourrait prendre jusqu’à deux ans avant de voir le jour.

Au terme de cette interpellation, madame Rouleau a refusé de rencontrer les représentant·es qui étaient sur place, prétextant un horaire chargé. Elle s’est contentée de venir rapidement serrer des mains, détournant même le regard des représentants du mouvement Le communautaire à boutte.

« Avec ce geste, madame Rouleau a tourné le dos à plus de 1 800 organismes en grève et à plus de 20 000 travailleuses et travailleurs du communautaire. Une telle attitude, à l’intérieur des murs de l’Assemblée nationale, un lieu hautement symbolique, est indigne de la fonction qu’elle occupe. », expriment d’une même voix Caroline Toupin, du RQ-ACA et Mathieu Gélinas, du mouvement Le communautaire à boutte.

Les interlocuteurs conviés à une rencontre sans la ministre

Depuis une semaine, on attend un engagement clair de madame Fréchette et de monsieur Drainville pour la création d’une table de négociation sérieuse, mais sans réponse. Pendant ce temps, madame Rouleau a refusé de s’asseoir avec nous et nous renvoie à son personnel de cabinet. Cela démontre l’ampleur de son indifférence.

Le RQ-ACA et le mouvement Le communautaire à boutte exigent :

  • La démission de madame Rouleau de ses fonctions ministérielles et la nomination d’une nouvelle personne interlocutrice.
  • La mise en place urgente d’une table de négociation avec le premier ministre actuel ou le ou la prochaine première ministre pour travailler à un plan de rattrapage.
  • Une partie des 250 millions de dollars de la marge de manœuvre discrétionnaire dont disposera le ou la future première ministre.
  • Le maintien du Fonds d’aide à l’action communautaire autonome (FAACA), vital non seulement pour les groupes de défense collective des droits, mais aussi pour l’autonomie de l’ensemble du mouvement communautaire autonome.

Le milieu communautaire maintient l’escalade

Le milieu communautaire autonome demeure debout et uni. Tant que de véritables engagements ne seront pas pris par la Coalition avenir Québec, le mouvement maintiendra l’escalade de ses moyens de pression.

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Die-in dans les Laurentides – Le communautaire interpelle la CAQ

Die-in dans les Laurentides

Le communautaire hausse le ton : une table de négociation nationale exigée

Saint-Jérôme, le 27 mars 2026 — Plus d’une centaine de personnes issues d’organismes communautaires des Laurentides ont mené une action coup de poing ce matin en se rassemblant devant les bureaux de trois ministres de la région.

Dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte, les manifestantes et manifestants ont organisé un die-in pour dénoncer l’essoufflement du réseau communautaire et les conséquences du sous-financement chronique.

Les bureaux visés sont ceux de ministres ayant une influence directe sur les décisions gouvernementales :
● Éric Girard, ministre des Finances, député de Groulx
● Sonia Bélanger, ministre responsable de la Santé et des Services sociaux et de la région des Laurentides, députée de Prévost
● France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, députée de Bertrand

Le communautaire passe à l’offensive : une réponse nationale s’impose

Au-delà de cette mobilisation, les organismes lancent un message clair : ils ne multiplieront plus les démarches individuelles.

Ils exigent la mise en place d’une table de négociation nationale réunissant les ministères concernés, le mouvement Le communautaire à boutte et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), afin d’assurer un financement adéquat, prévisible et durable à la mission.

« On ne peut plus fonctionner à coups de mesures ponctuelles. Ce qu’il faut, c’est une solution structurée, prévisible et durable. Le communautaire tient le filet social et il doit être financé comme tel. » — Benoit Larocque, coordonnateur du ROCL

Une crise aux conséquences humaines

La situation dépasse largement les enjeux organisationnels : elle touche directement des vies.

La violence conjugale demeure une tragédie persistante au Québec, alors que les féminicides s’accumulent, laissant derrière eux des familles brisées, des enfants orphelins et des proches endeuillés.

D’autres clientèles vulnérables subissent également les conséquences du sous-financement : des aînés isolés, des personnes en situation de handicap et des familles en situation de précarité.

Ce sont souvent des personnes qui s’expriment peu dans l’espace public et qui subissent en silence, déjà en mode survie.

« Faire beaucoup avec peu dans le communautaire, ce n’est pas une force, c’est un symptôme. Derrière le sous-financement, ce sont des vies bien réelles qui basculent : des femmes, des familles, des personnes vulnérables qui n’ont plus accès au soutien dont elles ont besoin. On ne parle pas de chiffres, on parle de sécurité, de dignité et de survie. Il est temps que ça change. » — Isabelle Thibault, coordonnatrice du Réseau des femmes des Laurentides

Une pression accrue sur le terrain

Dans les Laurentides, la pression est particulièrement forte.

Hausse de l’itinérance, augmentation des demandes en aide alimentaire, explosion des besoins en soutien psychosocial : les organismes sont à bout de souffle.

Faute de financement adéquat, des services sont coupés, des demandes sont refusées et des équipes s’épuisent.

Les organismes entendent maintenir la pression dans les prochains jours.

Une mobilisation provinciale est notamment prévue devant l’Assemblée nationale à Québec le jeudi 2 avril, où plus de 5 000 personnes sont attendues.

Le message est clair : le communautaire ne reculera pas.

 

Le communautaire à boutte : grève sans précédent dans les Laurentides

Des centaines de services essentiels suspendus pendant neuf jours

Saint-Jérôme, le 23 mars 2026 — Dès aujourd’hui, des centaines de services communautaires seront suspendus dans les Laurentides alors que plus de 75 organismes entrent en grève dans le cadre du mouvement national Le communautaire à boutte.

Du 23 mars au 2 avril, des milliers de travailleuses et travailleurs du milieu communautaire cessent leurs activités partout au Québec pour dénoncer le sous-financement chronique du secteur et exiger des investissements structurants de la part du gouvernement du Québec.

Dans les Laurentides, la mobilisation est majeure et rassemble des centaines de personnes du milieu communautaire.

« Ça fait plus de 30 ans que j’œuvre dans le milieu communautaire des Laurentides. Je n’ai jamais vu ça. C’est historique ! », affirme Benoit Larocque, coordonnateur du Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL).

Cette mobilisation d’ampleur inédite, initiée par des organismes de Shawinigan, s’inscrit dans un mouvement national qui regroupe plus de 1500 organismes en grève à travers le Québec.

 

Des appels à l’aide resteront sans réponse 

Dans la région, les conséquences se feront rapidement sentir.

« Juste pour les Laurentides, ce sont l’équivalent de 407 jours d’activités et de services en moins pendant les neuf jours de grève », précise Isabelle Thibault, coordonnatrice du Réseau des femmes des Laurentides (RFL).

Concrètement :

  • des appels aux lignes d’aide resteront sans réponse
  • de l’aide alimentaire ne sera pas livrée
  • des accompagnements seront annulés ou reportés
  • des personnes en détresse seront redirigées vers le 811

Le vaste territoire des Laurentides, qui s’étend de Mont-Laurier à Sainte-Thérèse, rend l’accès aux services plus difficile pour les personnes les plus vulnérables et accentue la pression sur les ressources d’aide.

Un filet social fragilisé

Les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans le maintien du filet social. Pourtant, ils doivent composer avec un financement insuffisant qui les oblige à réduire leurs services, refuser des demandes ou offrir des conditions de travail précaires.

« Notre défaut dans le communautaire, c’est de produire huit trente sous pour une piastre et là, ça suffit », résume Benoit Larocque.

Des revendications structurantes

À travers le mouvement Le communautaire à boutte, les organismes revendiquent:

  • des conditions de travail décentes
  • un financement suffisant à la mission
  • une reconnaissance pleine et entière
  • la protection de leur autonomie
  • un engagement clair du gouvernement à investir durablement

Une mobilisation qui se poursuit sur le terrain

Les organismes communautaires des Laurentides entendent maintenir la pression au cours des prochains jours.

Plusieurs actions terrain sont prévues dans la région afin de sensibiliser la population et interpeller directement les décideurs.

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Et si nous étions des créatrices et des créateurs de richesse ?

Saint-Jérôme, 30 octobre 2025 – Les 21 et 22 octobre 2025, en pleine Semaine de l’action communautaire autonome (SNACA), plus de 200 personnes, issues de 75 organismes membres du Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL), se sont rassemblées pour un congrès d’orientation historique. L’objectif? Définir ensemble des orientations porteuses de sens pour le mouvement communautaire Laurentien dans un monde en pleine mutation.

Qu’est-ce que ça signifie, aujourd’hui, être un organisme communautaire autonome? Comment donner du sens à nos actions dans un contexte où la montée de la droite, l’effritement de nos services publics et la polarisation sociale creusent des fossés plutôt que des ponts? Ces questions, et bien d’autres, ont nourri deux jours de réflexions, d’échanges et de foisonnement d’idées. Un moment unique dans l’histoire du ROCL, où nos membres ont pu se retrouver, s’exprimer et se rappeler qu’en temps de crise, la réponse, c’est la communauté, la solidarité et la création de liens.

Les récents sondages en vue des élections municipales le confirment : les préoccupations portées par les groupes communautaires sont celles de la population. Crise du logement, hausse du coût de la vie, urgence climatique, itinérance… À cela s’ajoutent aussi la santé et l’éducation, qui nous le savons, sont des priorités indéniables pour les citoyennes et citoyens du Québec. Pourtant, certains de ces enjeux peinent encore à trouver l’écho qu’ils méritent dans l’espace médiatique.

Historiquement, les organismes communautaires autonomes ont été créés pour améliorer les conditions de vie et défendre les droits des personnes. Nous traînons aussi en filigrane, un passé judéo-chrétien d’âme charitable qui aide « la veuve et l’orphelin » et qui a le « cœur sur la main ». Toujours aux premières loges de la détresse, des préoccupations et des besoins de la population, mais trop souvent en mode « sauveuse/sauveur » des personnes plus vulnérables.

« Notre congrès d’orientation a justement mis en lumière plusieurs vérités essentielles. Cette culture de charité, elle fait partie de notre histoire, mais elle ne s’applique plus à qui nous sommes aujourd’hui et ce que nous aspirons à être. Nous ne sommes pas de simples « ressources venant en aide», ni une dépense pour l’État. Au contraire, nous sommes des créatrices et des créateurs de richesse, porteurs d’espoir, de liens et de sens », affirme Christine Richard, présidente du ROCL. Aujourd’hui, à travers les nombreuses crises que nous traversons collectivement, notre rôle de transformation sociale est crucial plus que jamais.

« La solidarité, l’amour, la justice sociale et la démocratie n’ont jamais été aussi nécessaires qu’en ces temps de division, même si ça semble « has been ». On ne se mentira pas, le défi est immense, mais quelle est l’alternative? Se résigner? Tenter d’éradiquer les souffrances, une à une, à grand coup de charité sans s’attaquer aux causes? Non, ce n’est pas la solution », témoigne Benoit Larocque, coordonnateur du ROCL.

Nous devons incarner cette force de résistance, solidaire et rassembleuse. Parce que nos revendications sont celles de la majorité, nous devons incarner un mouvement qui unit la population. Il est temps de changer le récit, de revisiter nos façons de faire, de s’unir et de se réapproprier notre temps : celui qui nous permet d’aller au-delà de la charité, pour impacter sur les causes de la détresse sociale. Les organismes communautaires autonomes et la population peuvent, ensemble, défendre les droits, renforcer le filet social et protéger ce qui compte vraiment, au-delà des intérêts politiques.

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