Le communautaire à boutte : la CAQ ferme les yeux pendant que la détresse explose
Saint-Jérôme, 4 mai 2026 — Malgré une mobilisation grandissante du mouvement Le communautaire à boutte , malgré une action forte comme celle du die-in du 27 mars dernier devant les bureaux de trois ministres des Laurentides, malgré des lettres, des appels et des demandes répétées, force est de constater une chose : le gouvernement de la CAQ demeure sourd aux réalités des plus démunis au Québec.
Sur le terrain, la situation est critique.
Les organismes communautaires des Laurentides, présents de Mont-Laurier à la couronne nord de Montréal, sont au bord du précipice. Chaque jour, ils font face à une détresse humaine grandissante : des familles qui ont faim, des aînés isolés, des personnes vulnérables sans ressources suffisantes.
Et pourtant, les réponses tardent.
Pire : plusieurs députés et ministres ne daignent même pas répondre.
Récemment à Deux-Montagnes, des travailleuses et travailleurs du communautaire ont été très mal reçus par l’attaché du député de Deux-Montagnes, Benoit Charette, ex-ministre de l’Environnement et aujourd’hui ministre des Transports. Des propos ont été tenus et largement perçus comme une attaque directe envers le mouvement. Dans les Laurentides, ces réactions — parmi les rares obtenues — sont jugées méprisantes et insultantes.
Pendant ce temps, le gouvernement continue de brandir des chiffres globaux, étalés sur cinq ans, qui gonflent artificiellement la perception du financement réel, sans répondre aux besoins urgents sur le terrain.
Ce constat dépasse largement la région.
Derrière ce cri du cœur, ce sont près de 1900 organismes communautaires à travers le Québec qui se mobilisent. Partout, le même constat s’impose : une rupture de confiance profonde avec le gouvernement, marquée par un manque d’écoute, une déconnexion inquiétante… et un sentiment de mépris.
Et le signal envoyé récemment est sans équivoque.
La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, a choisi de reconduire Chantal Rouleau à titre de ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire — celle-là même qui a fermé la porte aux demandes de milliers de bénévoles et d’acteurs du communautaire, pourtant mobilisés jusqu’à Québec pour se faire entendre.
Clairement, le fossé se creuse. Déconnexion. Mépris.
Pendant que la pauvreté change de visage, que l’itinérance explose et que même des travailleurs doivent désormais se tourner vers les organismes pour s’en sortir, le gouvernement semble ailleurs.
La CAQ préfère multiplier les annonces économiques, en espérant attirer des investissements dans des villes où la réalité sociale se détériore sous nos yeux.
« Pendant que le gouvernement parle d’économie, de croissance et d’investissements, les organismes, eux, répondent aux urgences humaines. Le communautaire n’est pas une dépense. C’est un investissement. » – Benoit Larocque, coordonnateur, Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL)
Mais le milieu ne se taira pas. Contrairement à l’inaction actuelle, les organismes continueront d’agir.
« On ne dira pas aux femmes victimes de violence de se débrouiller seules. On ne dira pas aux mères monoparentales de “s’organiser” quand le frigo est vide. Et on ne dira jamais aux plus vulnérables de s’habituer à survivre. » – Isabelle Thibault, coordonnatrice générale, Réseau des femmes des Laurentides
Parce que sur le terrain, attendre, c’est souvent empirer la situation… et les coûts sociaux.
Le communautaire est à boutte… mais restera debout.


